Texte du tract que nous avons diffusé avant la réunion des associations organisée par la candidate aux législatives socialiste Mireille Lecorre.
Nous tenons à saluer ici sa démarche (courageuse et originale), mais nous ne pouvions laisser passer cette occasion de donner notre avis sur la question des associations par rapport aux services publics.
Même si nous défendons le tissu associatif, nous sommes tous militants dans diverses associations, nous ne voulons pas que les associations se substituent aux pouvoirs publics, ni que les gouvernements, les politiques se déchargent sur les associations, encore moins qu'il y ait connivence entre associations et Etat pour ne pas règler les problèmes fondamentaux de notre société. C'est pourquoi nous avons diffusé ce tract et sommes intervenus dans le débat d ce soir, mardi 15 avril 2007.
Le développement associatif depuis 2 décennies se fait au détriment des services publics
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Insertion par l'emploi
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Formation
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Aide aux plus démunis(Restos du coeur, Droit au logement)
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Recherche médicale (Téléthon, et autres manifestations)
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Environnement
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etc.
Autant de domaines aux mains d'associations loi 1901, fonctionnant comme des entreprises privées, qui se substituent à l'Etat et aux collectivités locales (avec leur assentiment bien sûr) et à leurs missions de services publics. Les différents gouvernements, depuis 20 ans, ont tous favorisé le développement, étendu les champs de compétences des associations, dans des secteurs autrefois réservés aux services publics. Mais les choses se sont particulièrement aggravées ces 6 dernières années. En juillet 2001 M. Jospin, alors premier ministre, signe la CHARTE D’ENGAGEMENTS RECIPROQUES ENTRE L’ETAT ET LES ASSOCIATIONS REGROUPEES AU SEIN DE LA CPCA (Conférence Permanente des Coordinations associatives), à l'occasion du centenaire de la Loi de 1901, ce texte a été défendu, voire renforcé par M De Villepin dès le début de l'année 2006 dans son discours lors de la Conférence de la Vie Associative. Les 2 projets politiques allant exactement dans le même sens : développer le tissu associatif pour accompagner le désengagement de l'Etat et de ses services publics.
Les associations bénévoles représenteraient plus de 800 000 emplois aujourd'hui, alors qu'en même temps des centaines de milliers d'emplois sont supprimés dans la fonction publique. Le lien de cause à effet n'est sans doute pas systématique, mais ces chiffres doivent attirer notre attention.
Même si nous ne remettons pas en cause la bonne foi, la bonne volonté de nombreux bénévoles, voire le sérieux des responsables d'associations, on ne peut passer sous silence que les associations sont trop souvent des émanations de partis politiques ou organisations patronales (dans les domaines de l'insertion par le travail et la formation notamment), dans lesquelles le copinage prend souvent le pas sur les réelles compétences. Il est évident que la surmédiatisation de certaines associations donne l'illusion aux citoyens d'être obligés de soutenir leur travail, alors qu'il ne leur est jamais dit qu'ils paient déjà des impôts pour que l'Etat assument toutes ces tâches.
Par ailleurs, en développant des partenariats avec le monde associatif, en lui donnant un pouvoir consultatif de plus en plus grand, les gouvernements intensifient l'importance de la démocratie participative, amenuisant ainsi le rôle des organisations politiques et syndicales ouvrières.
Le tissu associatif doit retrouver son rôle d'observateur de la vie publique, de conseil, de contre pouvoir, d'éducation populaire et d'acteur culturel et artistique. Dans un Etat qui, avec les collectivités territoriales, doit être capable d'embaucher les fonctionnaires nécessaires pour que l'ensemble de la population profite des mêmes droits et des mêmes services.
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